Catégorie : Echo du Parvis 24

Réussir un grand millésime

Réussir un grand millésime


Quel est le secret pour créer un excellent vin ? Le secret vient de la bonne maturation du raisin. Mais alors quelles sont donc “ces bonnes conditions” pour une maturation parfaite ? Nicolas vous explique tout !

La météo


Quand vous demandez à un vigneron s’il est content de la météo il vous répondra sûrement : “Non, il fait trop sec !” ou bien “Ah non, il pleut trop”.

Vous penserez qu’ils ne sont jamais contents et qu’ils aiment à râler.

Mais quelles seraient les conditions idéales ?

Fin mai – début juin


C’est à ce moment qu’a lieu le débourrage de la vigne (période durant laquelle les bourgeons sortent).

Les gelées tardives sont nos pires ennemies ! Si le bourgeon gèle, il meurt et donc ne pourra pas produire de raisin.

Sur la photo ci-contre on observe bien la différence entre le bourgeon épargné par le gel et le bourgeon gelé.

Pour favoriser la floraison future, le temps idéal se doit donc d’être sec et chaud. Ces facteurs limitent les pertes dues aux maladies et à l’avortement des fleurs.

Fin juillet – début août


Véraison de la vigne

C’est la période de véraison (changement de coloration de la grappe) et de maturation.

Un temps sec et chaud favorise le mûrissement et le développement des arômes et une pluie modérée aide les baies à devenir juteuses.

C’est une période sensible et intense. On a coutume de dire que “chaque jour compte double”.

C’est durant cette seconde période que les arômes des raisins commencent à se développer.

Une pluie trop abondante entrainerait le pourrissement des fruits.
Une sécheresse importante créerait un stress hydrique (influence néfaste sur la maturité).
L’aridité du climat baissant l’acidité et augmentant les degrés du vin, cela modifierait ses arômes et le rendrait déséquilibré.

Les conditions parfaites sont utopiques. La réalité est tout autre ! Il faut s’adapter à ce que la nature nous donne.

Le pouvoir du maître de chai


Grâce à ses connaissances et son expérience, le maître de chai est capable de tirer la quintessence de la vendange qu’il doit vinifier.

Il extrait les meilleurs tanins, les meilleurs arômes possibles et jongle avec les qualités uniques de la vendange.

Mais pas que …

L’œnologie compense aussi en partie les insuffisances de la vendange récoltée, tels un manque d’acidité ou des degrés trop élevés .

Au Château le Parvis, nous sommes exactement dans cette logique.

Nous nous adaptons au millésime et à ce que la nature nous offre, tout en modifiant certains paramètres de la vinification. Dans un but précis : créer chaque année un millésime spécifique, non standardisé, avec ce que la nature a bien voulu partager !

Le temps des vendanges et de la vinification

Le temps des vendanges …
… et de la vinification


Comment se sont passées les vendanges ? Quelle sera la qualité du vin ? Nous répondons à toutes vos questions grâce à cette petite rétrospective édition millésime 2022 !

Les vendanges


Les vendanges de cette année ont été précoces ; la sécheresse de cette saison en est la cause principale.

Pour donner une idée, le taux de précipitation moyen (entre 1946 et 2014) en Gironde est de 920 mm/an*.

Cette année il a été de 422 mm soit 55% de moins que la moyenne** !

En 33 ans de vendanges au Château c’est la 3ème fois que nous vendangeons les blancs si tôt (en août).

Résultat : un raisin qui est mûr plus tôt et qui a moins de jus.

ANNÉETAUX DE
PRÉCIPITATION
ANNUEL
% PAR RAPPORT
AU TAUX DE
PRÉCIPITATION MOYEN
2018784 mm-15 %
2019997 mm+ 8 %
20201156 mm+ 25 %
2021884 mm– 4 %
2022422 mm– 55 %
Tableau d’évolution des taux de précipitation annuel
en Gironde de 2018 à 2022

Malgré cela, la qualité du raisin est exceptionnelle, ce qui nous permettra de vous proposer des vins d’une qualité gustative remarquable.
Le millésime 2022 est très prometteur !

* données du Conseil Départemental de la Gironde
** données du site https://www.infoclimat.fr/

La vinification


Toutes les vinifications se passent bien. Le blanc a fait une fermentation* franche et sans anicroche laissant ainsi se développer de subtils arômes d’agrumes.

Avec l’élevage sur lie** , que nous poursuivrons jusqu’à mi-décembre, d’autres arômes plus floraux vont compléter la palette. Grâce aux lies, une finesse de bouche et une amplitude vont apparaître. Laissons faire le temps.

Quant aux rouges ils viennent d’achever leur fermentation alcoolique. Nous avons tout pour faire un grand millésime.

Belle tenue en bouche, arômes de fruits confits, palais aux tanins bien fermes mais là aussi pas de précipitations. Il reste du chemin ; une seconde fermentation (la fermentation malolactique***, toujours un peu délicate), écoulage, soutirages, entonnage ….

Pendant que les fermentations du millésime 2022 se terminent, le millésime 2021, quant à lui, se fait un peu oublier. Aux dernières dégustations, il semblait avoir bien profité de ses 9 premiers mois d’élevage en foudre barrique et en cuve. Nous vous en dirons plus bientôt !

* Fermentation : procédé durant lequel le sucre du jus de raisin se transforme en alcool.
** Élevage sur lie : technique qui permet au vin de développer des arômes plus complexes.
*** Fermentation malolactique : méthode servant à apporter de la souplesse et de la rondeur au vin.

Être éco-responsable

Être éco-responsable


Voilà un bien joli mot très en vogue ! Ce concept veut que nous soyons économes en énergie et que nous limitions nos impacts environnementaux. Penchons nous davantage sur ce sujet en faisant un saut dans le temps…

L’agriculture dans les années 20


C’est en fouillant dans le passé que nous nous rendons compte que tous ces préceptes existaient déjà dans les années 1920 !

Prenons l’exemple des engrais verts, méthode que nous utilisons tant pour la vigne que pour le maraîchage :

« Les engrais verts sont constitués par des végétaux cultivés non pour être récoltés, mais pour être enfouis dans le sol. Les engrais verts peuvent être cultivés et enfouis sur place ou bien être apportés du dehors. Les plantes qui sont propres à être cultivées pour être enfouies sur place en vert sont celles qui puisent dans l’air l’azote dont elles ont besoin pour se nourrir [..] »
Extrait du Larousse Agricole de 1921

Désormais on nomme cela « agroécologie* : » ; ce nouveau mot a simplement été trouvé pour qualifier ce que le monde agricole appliquait déjà depuis longtemps. Mais depuis les années 50 l’agriculture a beaucoup évolué comme toute la société, et parfois pas dans le sens écologique !

Une transition nécessaire


Mon père, génération pourtant peu encline à employer le mot « environnement », a débuté cette transition. Il a été un des précurseurs d’un grand mouvement écologique sans le savoir !

Transition que nous avons perpétuée et beaucoup faite évoluer depuis les années 80, notamment en convertissant nos vignes en bio dans les années 90.

Et aujourd’hui ?


Grâce à tout cela, nous pouvons aujourd’hui déclarer nos sols en « carbone positif » ; c’est à dire que nos vignes profitent au maximum du CO² de l’atmosphère pour faire de magnifiques feuilles qui nourriront abondamment le raisin grâce à la photosynthèse**.

Puis, en hiver, les feuilles tombent au sol et les sarments***, préalablement retirés du palissage, sont broyés.

Toute cette matière se décompose et se transforme en humus, qui enrichit la terre et apportera les besoins nécessaires à la plante afin d’entamer un nouveau cycle.

En réalité nous ne sommes que des facilitateurs de ce magnifique processus naturel. Nos vignes, dans cet environnement écologiquement soigné, donnent donc le meilleur d’elles-mêmes pour produire des vins « éco-responsables » de très bonne qualité.

Glossaire

* Agroécologie : principe de cultiver avec la nature en respectant la biodiversité.
** Photosynthèse : procédé consistant en la captation de la lumière du soleil par les feuilles pour la transformer en énergie pour la plante.
*** Sarments : rameaux de l’année coupés lors de la taille annuelle de la vigne.